Ne craignez pas ! vivez dans la vérité, témoignez dans la liberté !
« Les cheveux de votre tête sont tous comptés »—
Ne craignez pas ! vivez dans la vérité, témoignez dans la liberté !
Méditation. Vendredi 16/10/26. De la férie. 28eme semaine Ordinaire A. Psautier sem. IV. Ste Edwige, Ste Marguerite, Marie Alacoque. La couleur Liturgique est le vert.
Frères et sœurs bien-aimés,
Le message de la Parole en ce jour est clair : Dieu nous connaît. Dieu nous choisit. Dieu nous appelle à vivre dans la vérité. Saint Paul nous révèle notre identité : nous sommes devenus, dans le Christ, le domaine particulier de Dieu. Nous avons écouté l'Évangile. Nous avons cru. Nous avons reçu la marque de l'Esprit Saint. Notre vie a donc un prix. Notre existence a un sens. Nous ne sommes pas seuls ni abandonnés au hasard. Ne craignez pas ! vivez dans la vérité, témoignez dans la liberté !
Mais attention ! Être choisi par Dieu n'est pas un privilège pour nous installer dans le confort. C'est une grâce qui nous engage. Dieu nous choisit pour que notre vie devienne une louange à sa gloire. Et notre vie ne loue véritablement Dieu que lorsqu'elle rend visible sa vérité, sa justice et son amour. Jésus est catégorique : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c'est-à-dire de leur hypocrisie. » Le levain travaille discrètement. Il pénètre la pâte. Il la transforme de l'intérieur.
Voici comment travaille l'hypocrisie. Elle commence parfois par un petit mensonge. Une apparence soigneusement entretenue. Une parole pieuse qui cache une intention égoïste. Un discours sur la justice mais qui couvre une injustice. Une proclamation de la vérité qui refuse la vérité sur soi-même. Un appel à la communion qui cache une volonté de domination. Le danger n'est pas seulement de faire le mal. C'est de réussir à lui donner une apparence de bien. Ceci
nous oblige à un examen sérieux.
Dans nos familles, sommes-nous vrais les uns envers les autres ? Notre manière de parler de Dieu, dans nos communautés chrétiennes, correspond-elle bien à notre manière de traiter nos frères ? Dans nos responsabilités professionnelles, sociales et ecclésiales, servons-nous la vérité ou protégeons-nous notre image ? Dans notre société, dénonçons-nous réellement la corruption, les injustices et les abus, ou nous indignons-nous seulement lorsque nous n'en sommes pas bénéficiaires ?
Frères et sœurs, la foi ne consiste pas à paraître irréprochables. Elle consiste à accepter d'être convertis par la vérité. L'Église n'a pas besoin de témoins qui savent tout dissimuler. Elle a besoin de disciples qui acceptent de se laisser purifier par le Christ. Jésus nous previent : « Tout ce qui est couvert d'un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. »
Quelle parole ! Nous pouvons tromper les hommes. Nous pouvons soigner notre réputation. Nous pouvons manipuler les apparences. Mais nous ne pouvons pas tromper Dieu. Tôt ou tard, la vérité finit par réclamer ses droits. Les intentions réelles cachées produisent leurs fruits. Les injustices dissimulées blessent des innocents. Les compromis silencieux finissent par détruire la confiance. Ce que nous refusons de mettre à la lumière de Dieu risque de devenir notre prison.
Mais Jésus ne nous invite pas à vivre dans la suspicion. Il nous appelle à vivre dans la transparence. La lumière de Dieu n'est pas seulement celle qui révèle nos fautes. Elle est aussi celle qui nous permet de les reconnaître, de demander pardon et de recommencer. La vérité chrétienne n'est pas une arme pour humilier les autres. Elle est d'abord un chemin de conversion pour soi-même. Avant de dénoncer les ténèbres du monde, laissons le Christ éclairer nos propres ténèbres.
Quand nous devons dénoncer le mal, faisons-le avec courage, justice et amour. La charité sans vérité devient complicité. La vérité sans charité devient une violence. Mais la vérité vécue dans l'amour devient un chemin de libération. Et la liberté vainc toute peur. Ne laissons donc jamais la peur gouverner notre conscience ! Jésus dit à ses disciples : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus. » Il ne nie pas la réalité des menaces. Il sait que la fidélité peut coûter cher.
Jésus ne prétend pas que le témoignage de la vérité sera toujours facile. Il sait que celui qui refuse les compromis peut être rejeté. Celui qui dénonce une injustice peut être isolé. Celui qui défend un innocent peut perdre des avantages. Celui qui refuse de participer à la corruption peut passer pour un naïf. Mais Jésus nous rappelle une vérité décisive : il vaut mieux perdre un avantage que perdre son âme ; il vaut mieux subir une pression que trahir sa conscience ; il vaut mieux être rejeté pour la vérité que célébré pour le mensonge.
Notre société souffre aussi de la peur : Peur de parler. Peur de déplaire. Peur de perdre une fonction, un marché, une relation ou un avantage. Alors, nous nous taisons devant l'inacceptable. Nous nous habituons à l'injustice. Nous finissons parfois par appeler prudence notre lâcheté; sagesse notre silence ; et réalisme notre complicité.
Frères et sœurs, il faut retrouver la liberté des enfants de Dieu ! Le chrétien n'est pas appelé à provoquer inutilement les conflits. Il est appelé à protéger sa conscience; à ne pas la vendre. Le chrétien ne cherche pas la persécution. Mais il ne sacrifie pas la vérité pour éviter toute opposition. Une Église qui a peur de déplaire au monde risque de ne plus avoir la liberté de le convertir. Notre courage doit naître de la confiance en Dieu.
Jésus prend un exemple étonnant : les moineaux. Ils ont peu de valeur sur les marchés. Pourtant, aucun n'est oublié devant Dieu. Et il ajoute : « Les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu'une multitude de moineaux. » Quelle révélation ! Dieu ne nous connaît pas seulement en foule. Il nous connaît personnellement. Il connaît nos responsabilités et nos combats, nos blessures, nos inquiétudes. Il connaît aussi les larmes que personne ne voit et les fidélités que personne ne récompense.
Saint Paul nous avait annoncé que nous avons reçu la marque de l'Esprit Saint, comme les arrhes de notre héritage. Voilà notre sécurité profonde ! Nous ne sommes pas seuls pour affronter les défis de la vérité. L'Esprit Saint nous est donné pour nous fortifier, nous éclairer et nous rendre capables de témoigner. Mais sa présence n'est pas un prétexte pour rester passifs. La confiance en Dieu ne dispense pas de l'engagement. Celui qui sait qu'il est aimé de Dieu devient libre de servir sans calculer ou de parler sans flatter, et d'agir sans se vendre.
Le psaume proclame : « Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu ! » Et il précise que le Seigneur aime le bon droit et la justice. Il ne suffit donc pas de se réclamer de Dieu. Un peuple qui appartient à Dieu doit laisser la justice inspirer ses choix. Des chrétiens qui célèbrent la Parole doivent aussi la traduire en actes. La louange doit devenir honnêteté. La prière doit devenir responsabilité. La communion doit devenir solidarité. La foi doit devenir engagement pour la dignité humaine. Nous ne pouvons pas chanter la fidélité de Dieu tout en organisant l'infidélité à nos frères.
Frères et sœurs, aujourd'hui, le Seigneur nous pose une question simple, décisive : qu'est-ce qui gouverne réellement ma vie : la vérité de Dieu ou la peur des hommes ? Ne cherchons pas seulement à sauver les apparences. Cherchons à devenir vrais. Ne nous contentons pas de dénoncer les ténèbres. Allumons une lumière. Ne nous contentons pas de prier pour que notre société change. Devenons, par nos choix quotidiens, des artisans du changement.
Là où règne le mensonge, choisissons la vérité. Là où prospère la corruption, choisissons l'intégrité. Là où grandit l'indifférence, choisissons la solidarité. Là où la peur impose le silence, demandons à l'Esprit Saint le courage d'une parole juste.
Nous sommes marqués par l'Esprit Saint. Nous sommes précieux aux yeux du Père. Nous sommes appelés à vivre dans la vérité. Alors, ne nous cachons plus derrière les apparences. Ne laissons plus la peur décider à notre place. Que notre foi se voit dans nos actes. Que notre liberté serve la justice. Que notre courage protège les plus faibles, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
PRIONS :
Seigneur Jésus,
Délivre-nous de toute foi de façade et de toute peur de la vérité.
Fais de nous des témoins libres, courageux et responsables de ton Évangile.
Que notre foi ne se contente plus de paroles, mais qu’elle transforme nos vies et nos sociétés.
Donne-nous le courage de dénoncer le mal, de choisir la vérité et de bâtir un monde plus juste et plus fraternel,
Toi qui vis et règnes avec le Père et l'Esprit Saint, Dieu pour les siècles des siècles.
Amen !
P. Vital NKENLIFACK ssc,
Frère Missionnaire de Cana.
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